Mes aventures au ski en France : des vacances mémorables avec mes compagnons un peu encombrants

Nassim Meunier · 23 août 2026 · 5 min read · 1053 words

Partir au ski avec des boulets dans les bagages ? L’idée peut faire sourire. Pourtant, c’est bien le rituel de certains vacanciers belges qui emportent leurs spécialités culinaires sur les pistes françaises. Entre la neige, la montagne et les repas copieux, ces aventures mémorables racontent une certaine idée du confort. Même quand les compagnons sont un peu encombrants, le jeu en vaut la chandelle.

Les vacances au ski en France riment souvent avec plats réconfortants. Mais quand on vient de Liège, difficile de se contenter de raclette et de tartiflette. Les boulets à la liégeoise et leurs frites maison font partie du voyage. Direction les Alpes, avec une glacière bien remplie et un savoir-faire qui ne laisse personne indifférent.

Des boulets liégeois dans les stations de ski françaises

Imagine la scène : en bas de l’immeuble, un balcon qui surplombe les pistes. Une friteuse posée sur une table, de la graisse de bœuf qui chauffe doucement. Les voisins français regardent, un peu surpris. Mais l’odeur qui s’échappe les rapproche. « Vous êtes quand même incroyables, vous, les Belges », lance-t-on depuis le balcon d’à côté.

Ce tableau, c’est celui de Grégory Sorgic, restaurateur liégeois, qui ne part jamais en sports d’hiver sans ses boulets sous vide. « Quand je vais skier en France, je pars en vacances avec mes boulets. Je peux en faire quarante, cinquante. Je les mets sous vide. » Arrivés sur place, ils sont dégustés le premier jour avec la fameuse sauce lapin. Le lendemain, les restes sont coupés en tranches et glissés dans des sandwiches, dégustés directement sur les pistes de neige.

La recette familiale qui traverse les frontières

Derrière ces boulets, il y a Huberte Fumal, 77 ans, et sa recette héritée de sa grand-mère. Une texture fondante, un hachis travaillé à la main, du pain, du lait, des oignons, des œufs. Le tout cuit au four puis plongé dans une sauce aigre-douce au sirop de Liège, aux raisins de Corinthe et à la bière brune sans alcool.

Une préparation qui demande du savoir-faire. « Il faut bien travailler le hachis à la main, bien l’oxygéner, ajoute-t-elle. Il ne faut pas mettre trop de lait, sinon ça ne tient pas. Il faut trouver le juste milieu. » Dans leur établissement Amon Nanesse, ce sont entre 80 et 100 kilos de boulets qui sont servis chaque semaine. Les frites maison et la salade mixte accompagnent toujours ce plat généreux.

Le secret de la sauce lapin, un délice aigre-doux

La sauce lapin ne contient pas de lapin. C’est une préparation à base de sirop de Liège, d’oignons et de raisins de Corinthe. Chez Huberte Fumal, on ajoute un fond brun, de la bière brune Piedbœuf et des épices. Chaque famille garde sa version, souvent jalousement. Ce qui est certain, c’est que la sauce doit être généreuse, pour napper ces imposantes pièces de viande hachée.

Une tradition liégeoise à ce point ancrée qu’elle a reçu un prix en 2025 : le Boulet de Cristal, décerné par la Confrérie du Gay Boulet. Une dégustation à l’aveugle a sacré la recette d’Amon Nanesse parmi plusieurs dizaines d’établissements. De quoi renforcer la fierté locale, loin de la simple blague culinaire.

Vacances au ski et traditions culinaires, une combinaison gagnante

Emporter sa cuisine en vacances peut sembler étrange. Pourtant, les Belges le font avec une fierté assumée. La friteuse suit le voyage. La graisse de bœuf aussi. Les voisins français restent sceptiques sur la nécessité de la double cuisson pour réussir les frites, mais le résultat les convainc. Le ski est une affaire de glisse, mais aussi de réconfort.

Et que boire avec des boulets à la liégeoise, perché à 1 800 mètres d’altitude ? Une bière locale, comme la Curtius, brassée dans le cœur historique de Liège. Ou un vin rouge, plus classique. Pour finir en douceur, le café liégeois maison, préparé avec de la glace au goût café et un trait de péket. Une boisson qui réchauffe les soirées après une journée sur les pistes de montagne.

Des compagnons encombrants, mais tellement réconfortants

Oui, transporter une friteuse et une glacière dans la voiture pour aller au ski demande de l’organisation. Les boulets prennent de la place. Mais chaque bouchée rappelle la maison. C’est ça, l’esprit des vacances mémorables : créer un sentiment de familiarité en pleine nature enneigée.

Alors, pourquoi ne pas tenter l’expérience ? Des aventures au ski, des compagnons un peu encombrants, une neige étincelante et des plats qui font voyager. En France, les stations de ski accueillent les vacanciers avec joie. Ils sont même prêts à découvrir d’autres traditions. Qui sait, les frites belges pourraient bien devenir une nouvelle spécialité des soirées en altitude.

Nos conseils pour des vacances au ski réussies avec des provisions

Les vacances d’hiver gagnent à être personnalisées. Une fois sur place, il suffit de se laisser porter par la montagne. Les pistes offrent leurs meilleures descentes, les remontées mécaniques permettent d’admirer les sommets. Et à l’heure du déjeuner, rien ne vaut une pause en plein air avec un sandwich garni de boulets liégeois. Les autres skieurs te regarderont peut-être intrigués, mais ils comprendront vite que la cuisine belge n’est pas une simple copie de la cuisine française. Elle a sa propre identité, généreuse et singulière.